BELLIAN ☿ la pluie colle sur mes tempes, la foudre chante ta descente

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MessageSujet: BELLIAN ☿ la pluie colle sur mes tempes, la foudre chante ta descente   Jeu 13 Juin 2013 - 10:01

Je crois qu'il est trop tard pour te dire que ça fait mal. Mon cœur n'est plus comme avant, car il s'endort tout doucement.

C’est un de ces jours de juin où il fait chaud. Le temps si humide, les vêtements légers qui collent à la peau, la chaleur qui embaume l’air, qui fait perler la sueur sur les fronts. Il était un temps où New York était une fournaise, un endroit où les étés étaient si chauds qu’il était quelques fois difficile d’y vivre correctement. Je me souviens de ces sensations, de ce sentiment d’étouffer parmi tous ces gens, parmi ces immeubles nous surplombants, parmi ce béton qui régnait en maitre. Seule dans une métropole fantôme, une métropole morte. Beatrix avait vécu quelques années dans cette ville, elle y avait travaillé, elle s’y était droguée. Prostituée aux mœurs légères, comme ses robes et ses jupes. Elle les avait vécues, ces étés de canicules, ces étés d’étouffement. Ou étouffait-elle toujours, à chaque seconde de sa vie ? Un vide dans son cœur, un vide dans le mien, un vide en moi. Bientôt un an, un an dans son corps, dans sa tête. Un an d’addiction, de besoins à combler, de colère et de rage à refouler, à brûler. Oui, j’aimerais brûler, brûler comme une forêt brûle quand on y met le feu. Rouge orangée, jaune, ces flammes si dévastatrices qui consument tout sur leur passage, comme le plaisir de la chair, comme moi. Je représente un plaisir, un péché. Femme objet que l’on aime bien savoir à ses côtés la nuit tombée, mais qu’on aime observer de loin la journée, parce que la pute n’est pas honorable. J’aurais dû être un bon soldat, une host obéissante. Je suis défectueuse, déréglée, hors de la marge. On me garde ici, car l’host goûte au plaisir de la chair, il la dévore et il en redemande. Je suis donc objet des fantasmes, objet de tous.

Des goûtes qui tombent sur le dessus de mon crâne, sur ma chevelure d’ébène. Des goûtes d’eau, de pluie. Le ciel s’est couvert, le ciel se couvre toujours quand je fais les rues, quand je traîne nonchalamment sur les trottoirs à la recherche de clients potentiels, à la recherche d’échanges. Mon corps contre des cigarettes, mon corps contre un repas, mon corps contre la protection. J’ai faim. Quelques fois, il m’arrive d’oublier que j’ai des besoins vitaux, que je dois me nourrir, que je dois dormir. My body is a zombie for you : mon corps meurt pour toi, il meurt pour ton plaisir, mais il reste toujours vivant sous tes caresses, sous tes baisers empoisonnés. Mes petits pieds se déplacent, se mettent en route pour trouver un abri, un endroit où je pourrais continuer mes frivolités tout en restant sèche. Ce n’était qu’un souhait, un futile souhait de la part d’une jeune host ; avoir des vêtements secs et un endroit chaud où s’abriter. Personne n’écoute les souhaits d’une putain, alors le ciel pleure de plus belle, il déverse ses larmes sur moi, sur la ville. Il rafraîchit l’air, il chasse la chaleur, pas l’humidité. Il me chasse, il veut me cacher de la rue, il ne veut plus voir mon visage aguicheur. Le ciel ne m’aime pas. Mes habits deviennent plus lourds au fil des secondes, ils s’imbibent d’eau, mes pieds sont trempés. Mes cheveux ondulent, ils se rebellent. Je m’éloigne de mon trottoir, trouve un bâtiment aux airs charmants, m’y aventure. Pousse la porte de mes mains chétives, entre et observe. Ça sent la poussière, le renfermé. Quelques lumières, par-ci, par là, mais l’endroit est pourtant sombre. Une pénombre constante, quelques personnes présentes, on se croirait dans le lobby d’un petit hôtel – et c’est peut-être où on se trouve réellement – coincé dans les années cinquante. Je voudrais me fumer une cigarette, me changer les idées. Me changer, tout simplement. La main dans mes cheveux, je les replace maladroitement, trottine entre les tables, jette des œillades à certaines personnes.

Et je le vois. Cet homme, cet inconnu, à quelques tables de moi, qui a le regard perdu, le regard dans le vague. Cet inconnu qui m’a l’air perdu dans ses pensées, qui semble mener une bataille, un combat intérieur. Il est dans ma ligne de mire, il est celui sur lequel j’arrête mon choix. Ce sera lui qui m’aura, s’il le désire. Ce sera lui et rien que lui, pour cette fin d’après-midi, pour ce soir et cette nuit. Je m’avance, le pas lent, contourne une table, puis une autre. L’observe encore, cherchant à enregistrer ces traits dans ma tête pour me souvenir, pour ne pas oublier. Passe une main sur mon front, essuie l’eau de pluie qui y est restée. Je ne suis pas présentable, mais, parait-il, dans des situations comme celles-ci, les hommes ne crachent pas sur la chair tendre, qu’elle soit bien présentée ou non. Je n’ai pas l’air soignée, je n’ai pas l’air jolie. Une pute, peut importe les vêtements et le maquillage, ce ne sera jamais jolie. L’ombre d’un sourire se dessine sur mon visage alors que je m’arrête devant la chaise libre en face de lui. Il semble remarquer ma présence, il lève la tête. Je désigne la chaise et la tire vers moi. « Je peux ? » Je n’attends pas sa réponse, il n’a pas le choix, de toute façon. Je m’assois et lisse ma robe mouillée contre mes cuisses. Je frissonne : il fait plus frais ici qu’à l’extérieur et mon corps trempé a la chair de poule. « Vous avez l’air préoccupé… » Je questionne, j’attends des réponses, j’affiche l’innocence sur mon visage. Il était un temps où Beatrix l’était. Il était un temps où elle aurait pu s’assoir en face d’un homme comme celui-ci sans arrières pensées, sans chercher à l’enivrer avec ses mots, avec son corps. Mes yeux bruns se posent sur lui, croisent les siens, des yeux bleus, des yeux d’eau de glaciers, des yeux d’eau des tropiques. Son regard est fascinant, triste, mais captivant.

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MessageSujet: Re: BELLIAN ☿ la pluie colle sur mes tempes, la foudre chante ta descente   Jeu 20 Juin 2013 - 14:41

Tu ne sais pas ce que tu fais là. Tu es assis sur cette chaise inconfortable, la veste encore humide. Il fait sombre dans cette pièce et le bruit de la pluie se fait chaque secondes plus assourdissant. Quelques personnes, des hosts, font semblant de discuter, échangeant de vaines paroles. Tu entends des mots, captes de petits bouts de phrases mais ne comprend rien. Tu es vide. Tu es rentré hier, te pressant dans New York comme beaucoup l'avaient fait avant toi. Quelques mois plus tôt tu l'avais pourtant quittée cette ville. Tu étais parti à la recherche d'un fantôme et les rêves n'avait fait que brouiller ta vue. Tu avais pensé tel un petit garçon qu'il serait facile de la retrouver, qu'avec ces sentiments que tu ressentais pour elle vous triompheriez ensembles. Tu l'avais ratée d'un cheveux. Cassandra était morte dans un hôtel sordide, elle avait préféré se tuer plutôt que de finir comme toi. Tu avais eu raison, d'un côté, tu l'avais trouvée ta fiancée. Elle n'était pas allée bien loin.

Tu avales d'un trait ton verre de whisky, grimaçant vaguement alors que l'alcool glisse dans ta gorge. C'est ton troisième aujourd'hui. Tu lèves doucement ta main pour appeler un serveur et en commande un autre. Le type se fou de toi une seconde, te cataloguant sûrement comme un pauvre alcoolique et tu le fusilles du regard. L'host pâli vaguement et se retire du côté du bar. Tu n'es pas d'humeur à ce qu'on te fasse chier, pas aujourd'hui. Lorsqu'il revient avec ton verre tu ne prends même pas la peine de le remercier, il ne le mérite pas.
Tes doigts manipulent un vieux briquet usé. Il appartenait à ton précédent corps, Alexander. Tes digitales glissent sur sa surface, s'attardant de temps à autres sur ses imperfections. À force de chuter de tes poches et de se frotter contre tout, de petites éraflures étaient doucement apparues. Tu les caresses, appréciant le contact du métal sur ta peau. Les minutes passent, la solitude t'étreint. De tes yeux tu scrutes l'endroit, cherchant dans les visages une quelconque potentielle rencontre. Mais rien. Les murmures continuent, des bruits de verres se font entendre. Quelques fois des éclats de voix résonnent, mais jamais bien longtemps.

Tu avales une gorgée d'alcool, doucement cette fois et ferme les yeux. C'est le bruit d'une porte qui s'ouvre qui te fait les rouvrir. Une personne entre, une femme trempée. Tu détournes les yeux, t'en voulant peut être d'apprécier son visage et sa silhouette. Les secondes passent, tu fixes ton verre. L'asiatique est là, devant toi. Elle s'empare d'une chaise et s'assoie près de toi. Tes yeux tombent sur ses jambes blanches et glissent jusqu'à son visage, un vague sourire se forme sur tes lèvres. Une cigarette entre les doigts, elle s'adresse à toi. Tu acceptes bien sûr d'un signe de tête. Elle a froid te semble-il et cela ne t'étonnes guère. Tu retires alors ta veste et la lui tend. "C'est humide mais c'est tout ce que j'ai." Ton attention retourne à ton verre que tu approches de tes lèvres. Tu bois, elle parle. "Je ne le suis pas." Tu mens. "Je m'interroge seulement sur ma capacité à rentrer chez moi après tout les verres que je me suis envoyé." Encore un mensonge. Tu n'es pas saoul, la tête ne te tourne même pas. "En parlant de verre vous devriez vous en prendre un, ça vous réchaufferait." Tu la fixe à nouveau, elle et ses cheveux trempés encadrant son visage et les gouttes ruisselant encore sur son front.

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MessageSujet: Re: BELLIAN ☿ la pluie colle sur mes tempes, la foudre chante ta descente   Dim 23 Juin 2013 - 8:48

Je crois qu'il est trop tard pour te dire que ça fait mal.  Mon cœur n'est plus comme avant, car il s'endort tout doucement.

Je ne sais pas si je fais peur aux gens par ma franchise, par mon culot.  Les hommes sont tous peureux, ils aiment que nous soyons douces avec eux, ils aiment que nous ne dévoilions pas nos intentions, que nous soyons emplies de mystère.  Et j’ai beau crier des mots de haine, des paroles cinglantes, coupantes comme les lames d’un couteau affilé, j’ai la parole douce comme de la soie, comme ma peau de bébé, de porcelaine.  Je ne ferais pas part de mes intensions à cet homme, je ne lui dirais pas que je lui offre mes charmes, mes mots, mon corps.  Il n’a pas besoin de le savoir, il peut bien rester dans l’ignorance pour quelques minutes, quelques heures.  Il finira, de toute façon, par le découvrir.  Secret peu caché et pourtant si difficile à trouver.  Personne ne fait attention à ce corps mince et petit qu’est celui de Beatrix.  On le remarque, ce corps, mais, parmi les belles, les normes de la société, il n’est qu’invisible.  Il est normal, pourtant, les clients aiment sa chaleur, ses maigres courbes, ce petit dos, ces longs cheveux ébènes, ce sourire si faux, si amer.  J’observe l’homme de mes grands yeux, je le détaille, j’étudie son visage avec tant d’attention qu’il me serait impossible de l’oublier.  D’oublier ce regard d’un bleuté si parfait, si rêveur.  Assis l’un en face de l’autre, nous ne prononçons pas un mot.  Il finit par bouger, par enlever sa veste qu’il portait. « C'est humide mais c'est tout ce que j'ai. » Un sourire étire mes lèvres de roses alors que mes petites mains se tendent pour prendre cette veste qu’il me tend.  Il est gentleman, il est soucieux de mon sort, de cette misérable existence.  Je voudrais partir, sortir d’ici et retrouver la pluie, les goûtes d’eau tombant sur ma peau froide, sur mes cheveux déjà trempés, pour hurler une colère inexpliquée : Il n’a pas le droit de faire ça, il ne peut pas.  Pourquoi ?  Je cris à l’intérieur et sourie à l’extérieur.  Le professionnalisme teinte ma vie, mes sentiments s’enterrent au fond de moi, dans l’infini, dans le néant.  « Merci. » Politesse, belles paroles, charmer cet homme.  Lui faire oublier ce qui le tracasse, lui faire oublier sa vie, son prénom, son nom.  Tout.  Lui faire perdre la tête, m’y perdre aussi.

Je joue avec ma cigarette, bombe à retardement qui grugera mes poumons, ma vie, qui me la prendra sans remords.  Je dois l’allumer, je dois sentir ce poison descendre dans ma gorge et souiller mes bronches.  Il répond à ma remarque d’il y a quelques secondes par la négation.  Non, il n’est pas préoccupé, qu’il dit.  « Je m'interroge seulement sur ma capacité à rentrer chez moi après tout les verres que je me suis envoyé. »  Bien sûr, les menteurs, je les détecte à dix kilomètres à la ronde.  Je suis moi-même une menteuse, je brode ma vie de mensonges, de fausses paroles, de faux souvenirs.  « Vous êtes mauvais menteur, mais je vais faire comme si je vous croyais. »  Parce que les illusions, c’est bien, parce que la réalité ne demande qu’à être modifiée.  Peut-il modifier ma réalité ?  « En parlant de verre vous devriez vous en prendre un, ça vous réchaufferait. »  Je ne bouge toujours pas, mon regard dans le sien, à la recherche de quoi, de rien.  J’hoche la tête, le sourire toujours aux lèvres, le sourire si faux qui me brûle.  « C’est une excellente idée. »  Et, presqu’à contrecœur, mon regard se détache du sien et je fais un signe au serveur pour qu’il vienne près de moi.  Il a un grand sourire, il me dévore du regard. Je n’y fais pas attention, je ne comprends pas.  Pas moi, pas quelqu’un qui est souillée par les abus de drogues, par les cigarettes fumées une à la suite de l’autre.  Pas mon corps maigre, pas moi.  Je lui demande du whisky, parce que j’aime l’alcool fort, parce que j’aime sentir la chaleur de cette boisson qui me brûle elle aussi.  Tout me brûle.  Alors que le serveur s’éloigne pour me préparer mon verre et qu’il revient, mon attention se reporte sur l’host.  « Votre briquet, vous croyez que je peux vous l’emprunter quelques secondes ? »  Je lève ma cigarette à la hauteur de ses yeux, un sourire narquois au visage, le regard perdu dans ces iris bleutés.  Un petit moment de silence, les secondes passent, puis des mots sont prononcés, des mots qui se veulent amicaux, chaleureux, mais qui ne sont qu’une mascarade, une démarche pour charmer. « Beatrix, c’est mon nom.  Et vous vous appelez… ? »  Je laisse ma question en suspend.  Suspendue à mes lèvres qui brûlent déjà de se poser sur celles de l’homme.  Patience, patience.  Il parait que c’est une vertu, une qualité.  Beatrix était patiente, elle.  Elle n’avait pas sa vie en mains, elle ne contrôlait plus rien, mais elle attendait que son heure vienne patiemment, sans broncher.  Et si j’acceptais mon destin ?  Et si…  

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MessageSujet: Re: BELLIAN ☿ la pluie colle sur mes tempes, la foudre chante ta descente   Mer 4 Sep 2013 - 11:02

T'allumes une nouvelle cigarette. Tu as les doigts gourds, l'esprit quelque peu embrumé. L'alcool te brûle de l'intérieur à la manière de ton instinct de conservation. Tu meurs à petit feu. La fumée grisâtre brouille ta vision, s'échappant en épaisses volutes de tes lèvres. Tu n'es plus que l'ombre de toi même aujourd'hui. Tu es comme une bougie qu'on vient d'éteindre, comme le ciel sombre après la tempête. Tu frottes du dos de ta main ta joue et te heurte à un début de barbe. T'es à la rue, malgré ton nouveau statut. Tu te dégoûtes toi même. Tu es rentré aux bercail, tu as d'une certaine manière abandonné son doux souvenir.  Tu l'as laissé s'effriter lentement, se noyer dans le liquide ambré contenu à l'intérieur de ton verre.
Tu inspires profondément, fermant brièvement les yeux. Tu souffles. Les secondes s'écoulent, l'inconnue réapparaît. Ton vêtement sur les épaules. La pluie a du le rendre lourd et tu as presque peur qu'elle se brise sous son poids.  Son corps est si fin, si fragile. Seul son regard dur te ramènes à la réalité. L'impression qu'elle pourrait te faire brûler vif d'un coup d'œil. « Vous êtes mauvais menteur, mais je vais faire comme si je vous croyais. » Basculant doucement en arrière, t'appuyant ainsi au dossier de la chaise, tu laisses un léger rire s'échapper de tes lèvres. "C'est peut être le mieux en effet." Lentement tu joues avec ta cigarette, la dévisageant sans aucune gène. Elle sourit. Elle sourit et tu en hurlerais. Elle sourit comme si sa vie en dépendait. Les yeux dans les yeux elle te parle à nouveau. Tu refuses de baisser le regard et porte le verre à tes lèvres. Elle en voudrait bien un de verre. Qui n'en voudrait pas ? "Je t'offrirais bien le mien mais j'en ai encore besoin." Narquoisement tu lui souris à ton tour. Amèrement. Cyniquement.
Tu ne remarques même pas le serveur qui s'approche, trop concentré sur la jeune femme. Tu oublies ce qui vous entoure. Rien ne compte. Plus rien. Plus maintenant. Elle commande du whisky et tu en demandes un autre. Tu es un homme, un vrai. Un de ceux qui tiennent l'alcool fort mieux que l'eau minérale. Tu ne voulais plus rien boire d'autre de toute façon. Tu étais trop faible pour te contenter d'une quelconque boisson plus saine. Tu aspirais à la débauche et au gouffre, essayant tant bien que mal de relâcher toutes prises avec l'extérieur. Tu voulais sombrer. Sombrer pour de vrai.

 « Votre briquet, vous croyez que je peux vous l’emprunter quelques secondes ? » Tu acquiesces. Quelques semaines plus tôt tu lui aurais  sûrement jeté l'objet sans même en avoir conscience, mais tu n'étais pas en état. Tu n'étais pas en état pour l'ignorer. Pas en état pour la laisser passer. Alors tu te relevais, droit comme un I, suant la prestance et le manque. Tu esquisses quelques pas en sa direction et allumes toi même sa cigarette. Vous êtes proches tout d'un coup et ta main effleure sa joue. Sa peau et froide, encore vaguement humide à cause de la pluie.
L'instant aurait pu s'éterniser, tu aurais pu continuer de la regarder sans sourciller, ton visage non loin du sien. Tu aurais pu faire glisser tes doigts sur son bras ou ses jambes, mais tu n'en fais rien. Tu retournes simplement t'asseoir. Tu t'arraches à son aura, retrouvant ta place près de ton verre. Ton mégot se meure dans le cendrier, attendant qu'une deuxième cigarette l'y rejoigne.  Bientôt. Alors sa voix résonne à nouveau. Son nom. Une question ensuite. Le tien ? Tu mets du temps à lui répondre, préférant tout d'abord t'allumer une nouvelle clope. Tu prends ton temps, jouant avec les secondes. Tu sais qu'elle attend. Tu sais qu'elle est suspendue à tes lèvres comme tu l'étais toi aussi.

Tu inspires lentement, appréciant comme d'habitude ta première bouffée de nicotine. Le serveur est revenu, les verres trônent maintenant sur la table. "Kellian." D'une main tu en attrapes un et souffle sans la quitter du regard : "À la tienne, Beatrix." Tu lèves ton verre vers elle puis le porte à tes lèvres. On combat le mal par le mal. Toujours. "J'adorerai t'inviter à quitter l'endroit sur le champ mais les restes de gentleman qui sont en moi m'en empêche pour le moment. Laisse moi me siffler quelques verres encore et je suis sûr que ça ira mieux." Le nouveau Kellian n'a pu rien à voir avec l'original. Ta voix même avait changé. Tu étais devenu froid comme le métal de ton briquet.

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MessageSujet: Re: BELLIAN ☿ la pluie colle sur mes tempes, la foudre chante ta descente   Mer 25 Sep 2013 - 0:25

Je crois qu'il est trop tard pour te dire que ça fait mal.  Mon cœur n'est plus comme avant, car il s'endort tout doucement.

Mes prunelles en forme d’amandes posées sur lui, je ne le quitte pas des yeux. Attirée par sa présence, son physique, son tout. Ça m’agace, de ressentir ça. Je ne veux plus rien sentir, plus rien vivre. Simplement m’éteindre. Le coma était une joie, un doux échappatoire, mais une fille comme moi n’a jamais ce qu’elle désire le plus au monde, dans la vie. « C'est peut être le mieux en effet. » Il approuve mes paroles sans rechigner et c’est parfait. Je n’avais pas envie de savoir s’il allait bien ou pas, de toute façon. Stupides questions posées par simple politesse, c’est les manières humaines, c’est les questions des putes, pour faire croire qu’on s’intéresse aux clients, aux vies des autres. Belles illusions qui arrivent souvent à nous vendre, à nous rendre désirables. Je ne suis pas le genre de bien des gens, sauf si leur genre est une fille aux airs de gamine et au corps meurtrit par les abus de drogues et d’alcools. Je doute qu’on me trouve jolie. Il y a bien d’autres choses de jolies dans la vie. Un ciel étoilé, une mort douce, la passion. Mais pas moi. Je ne suis qu’un simple objet terne et monotone servant à faire diminuer le désir quelques temps. Je serre les dents, lui offre pourtant un sourire. Sois une bonne fille, Beatrix, et avec un peu de chance, il te donnera quelque chose en retour. Oui, voilà de belles paroles qui font écho dans ma tête. J’entends sa voix briser le faux silence de ce lieu où les paroles fusent d’un côté et de l’autre. Il me parle d’alcool et je ne peux que lui offrir sur un plateau d’argent mon souhait d’avoir moi aussi quelque chose à boire. Alcool, doux venin. « Je t'offrirais bien le mien mais j'en ai encore besoin. » J'hoche la tête, comprenant les mots qu’il utilise mieux que quiconque. Noyer des peines, noyer des regrets, se noyer corps et âme dans la dépendance et dans le liquide décapant qu’est l’alcool. Il m’offre un sourire amer, cynique. Je ne peux lui en tenir rigueur, il est mon reflet, il me présente involontairement ce que je suis. Je détourne le regard, le fuit, aborde le serveur et demande moi aussi un whisky. Il fait de même, douce copie de moi-même. C’est simplement pour entretenir un peu plus la conversation que je lui demande son briquet. Je brûle de fumer cette cigarette entre mes doigts. Cette toute dernière qu’il me reste. C’est horrible, de savoir que je ne pourrais pas en fumer une plus tard, une demain.

Je ne manque pas de remarquer qu’il se redresse à ma demande, se lève de sa chaise et s’avance vers moi. Il aurait pu me tendre de sa main le briquet, il aurait pu rester loin, derrière cette table. Ces gestes qui confirment ma victoire, qui communiquent son intérêt envers ma petite personne. Obéissante, je coince la cigarette entre mes lèvres et lève mes yeux remplis de satisfaction vers les siens, un petit sourire au visage, aussi mince qu’un fil de soie. Il allume ma cigarette, ses doigts effleurent ma joue et je me raidis, essayant de cacher ma surprise. Il tire les ficelles, il cherche à s’approprier mon petit jeu. C’est la rage au cœur, c’est le choc, surtout. Voilà ce qui me cramponne à ma petite chaise de bois. Pourtant, c’est ce que je veux, non ? C’est son désir, pour une nuit. Sauf que c’est moi à l’habitude qui charme. On ne me charme pas, personne n’a le droit. Agacement, mais l’envie qui pointe toujours le bout de son nez. Des teintes inconnues de sentiments qui me serrent au ventre. « Merci… » Le mot en suspend, le mot qui se mêle à la légère cacophonie. Je ne sais plus quoi faire, quoi dire. Il me vole mon Nord, je suis comme une boussole sans repères. Incapable d’aller dans la bonne direction. Inspire la fumée de nicotine dans mes poumons, la retiens pour qu’elle me souille, puis l’expire. Haut dans les airs, pour qu’elle puisse mourir, fusionner avec l’oxygène et les autres polluants. Je finis par retrouver la parole, les mots. Je dévoile mon identité, lui demande de faire de même. Il reste silencieux, il joue encore avec moi. Et ça fonctionne. J’en hurlerais, mais je ne fais rien, le sourire aux lèvres, inébranlable, comme la Mona Lisa. C’est l’arrivée du serveur qui semble lui rendre la parole et sans vraiment prévenir, il dévoile son prénom et je l’attrape au vol, le grave dans ma mémoire pour ne pas l’oublier, pour l’attacher à ce visage pâle, à ces yeux bleus, à ce sourire faux. Ça lui va bien et ça me fait sourire, presque réellement. Un cœur qui se fait attendrir simplement par un prénom, j’ai besoin d’alcool, de drogue, simplement pour me remettre les idées en place. Je ne peux qu’être haine, colère et rage, c’est tout.

Je ne me laisse pas d’autres options et je lève mon verre pour le cogner contre le sien après qu’il eu fait ce petit toast pour ensuite le porter à mes lèvres et en boire rapidement le contenu. Plus rapide je bois, plus rapide sont les effets. De plus, avec un ventre vide comme le mien, l’alcool a un effet on ne peu plus sérieux. « J'adorerai t'inviter à quitter l'endroit sur le champ mais les restes de gentleman qui sont en moi m'en empêchent pour le moment. Laisses-moi me siffler quelques verres encore et je suis sûr que ça ira mieux. » Cette phrase dite au hasard me fait hausser un sourcil ; je sais maintenant que je ne passerais pas la soirée seule. Je n’aurais pas à racoler encore une fois après que les nuages aient cessés de pleurer. « Je sais attendre. » Ça me parait juste, comme propos. Attendre ne me dérange pas si c’est pour goûter au plaisir charnel avec quelqu’un comme lui. J’aurais pu finir dans le lit d’un homme bien plus dégoûtant, qui sait. Déposant mon verre presque vide d’eau de vie, j’inhale à nouveau la fumée mortelle de ma cigarette, prend de petites bouffées, voulant économiser cette dernière ressource mortelle. Croise mes jambes comme une vraie femme le ferait, effleure son genoux de mon pied, lui sourit. Ce n’était pas voulu, mais ô, que le hasard était bon. Si l’alcool se propageait dans toutes les veines de mon corps, c’était l’envie qui se faisait le plus ressentir. Je buvais le reste de ma boisson avant d’arrêter à nouveau le serveur pour nous commander deux verres de plus. « On se souille un peu plus. » Des paroles sans rapport avec la conversation, des mots perdus au vol, dans l’air frais de l’endroit. Et moi, qui serre un peu plus la veste de l’homme contre moi, pour réchauffer mon maigre corps.  

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MessageSujet: Re: BELLIAN ☿ la pluie colle sur mes tempes, la foudre chante ta descente   Mar 22 Oct 2013 - 11:08


Tu brûles telle une cigarette. Chaque seconde te détruit un peu plus de l'intérieur. Tu n'es que cendre. Que l'ombre de toi même. L'alcool attise le feu, rend la douleur plus acceptable. Le liquide s’infiltre partout dans tes veines, réduisant à néant la moindre résistance. Tu inspires une bouffée de nicotine. Tu fermes les yeux un instant. Le monde continue de tourner à tes côtés, impassible. Inconscient de ta perte. Le temps ne s'arrête pas. Plus. Il tourne, emportant avec les lui les restes de ton humanité. Les restes de ton âme. Les restes de Cassandra, de toi. Tu as les lèvres sèches, la gorge en feu. Tes paupières sont lourdes maintenant, comme l'atmosphère de la pièce. Tu dévisages Beatrix, à nouveau, encore et encore. Tes yeux glissent sur sa taille chétive, sur la dureté de ses traits. Serait-elle comme toi ? Détruite pas l’existence, détruite par la vie ? Elle est belle la Beatrix, majestueuse derrière sa carapace, perdue dans la forteresse qu'elle semblait avoir bâtie autour d'elle. Rien n'était simple de nos jours, le bonheur n'était plus éternel. Incertain. Vacillant comme la flamme d'une bougie.

Ton verre claque contre le sien. Tu bois. Elle boit. L'alcool coule, s'écoule  dans ton œsophage, tuant la moindre de tes émotions. Tu l'observes croiser les jambes telle une lady, sent son pied effleurer ton genoux droit. T'es yeux tombes sur ses fines guibolles, admirent sa pâleur fantomatique. « Je sais attendre. » Tu te redresses, plonge ton regard dans le sien. Ses prunelles sont sombres, deux trous béants sur son âme. « J'aurais aimé maîtriser l'art de la discussions, l'attente n'en aurait été que plus agréable. » Tu te délectes d'une gorgée de whisky et passe ta langue sur tes lèvres. La cigarette coincée entre deux doigts, tu poses ta tête sur la paume de ta main. Tu es las. Ton verre se vide trop rapidement à ton goût. Tu vois le serveur s'approcher à nouveau et Beatrix quémander une autre tournée. Tu souris. « On se souille un peu plus. » Étirant tes jambes, tu viens poser tes pieds pieds non loin de ceux de la jeune femme. « Jamais assez semblerait-il. »  Le garçon revient vite, il est content. Après tant de service à votre table il s'imagine déjà un beau pourboire en poche. Le pauvre inconscient. Ignorant. Tu n'avais pas l'habitude de laisser quoi que ce soit. Ton argent, tu le gagnais et le gardais. Seul pouvoir sur cette terre. Pathétique.
Il dépose le verre de la brune puis s'approche de toi. Une chance sur mille existait pour qu'il trébuche ou glisse. Une toute petite. Malheureusement c'était ton jour. Le liquide se répand sur la table, dégouline sur tes cuisses et asperge ta chemise. Tu réagis au quart de tour bien sûr et saisit son poignet avec force. Tes doigts blanchissent sous la pression, le sourire du serveur disparaît en une seconde. Tu t'es relevé brusquement, sans réfléchir. Par réflexe. Tu le domines de ta taille, le terrasse du regard.   « Bien joué, merci beaucoup. »  Il bredouille des excuses, la peur au ventre. Qui sait ce que tu pourrais lui faire après tout ? Tu es impulsif, imprévisible. Tu pourrais lui briser les os, lui écraser le verre contre les tempes. Tu pourrais le réduire à néant. Mais Beatrix est là. Tu te recules, t’assieds à nouveau. La fureur est passée, la tempête s'est calmée. Tu voudrais essuyer la flaque, l'empêcher de goutter sur toi, mais rien ici ne pourrait t'y aider. « Navré. »

Le garçon revient vite, un autre verre en main. Il s'excuse, encore, plusieurs fois. Tu ne réponds rien. Pas besoin. Tu bois une longue gorgée d'alcool et porte une nouvelle fois ta cigarette aux lèvres. « Qu'est-ce que vous cherchez Beatrix ? Un corps pour vous tenir chaud une soirée ? Quelqu'un pour vous protéger ? Je vous préviens d'office, je serais très probablement terrible dans les deux cas.»

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MessageSujet: Re: BELLIAN ☿ la pluie colle sur mes tempes, la foudre chante ta descente   Mer 4 Déc 2013 - 11:51

Je crois qu'il est trop tard pour te dire que ça fait mal.  Mon cœur n'est plus comme avant, car il s'endort tout doucement.

Nos verres se heurtent et créent une symphonie d’à peine une seconde qui aiguise mes sens et qui permet à ma mâchoire de se décrisper. Avec un peu de chance, je terminerais la soirée imbibée d’alcool. Les sens qui disparaissent comme la gêne après les premiers jours de racolage sur une rue d’un quartier chaud où touristes et habitués passent leur temps à la recherche de sensations fortes. La petite coréenne n’était pas faite pour ça, mais elle a joué le jeu parce qu’elle avait plus rien à perdre, sauf peut-être le peu d’estime qu’elle avait encore pour elle avant de prendre la décision de se tourner vers un métier peu flatteur. « J'aurais aimé maîtriser l'art de la discussions, l'attente n'en aurait été que plus agréable. » Avec les années passées à exercer cette profession, on apprend à regarder les hommes sans vraiment les voir. On bat des cils coquettement, on offre les sourires en coin si prisés de ceux-ci, on montre juste un peu de peau. On ne fait pas attention aux clients, on ne rechigne pas quand un vieux gros nous glisse une liasse de jolis billets verts sous le nez. Beatrix, je crois pas qu’elle arrivait réellement à cracher intérieurement sur la gueule des gens ; trop sage, trop polie, bien que brisée. Moi, j’aurais pas hésité à penser ces choses horribles qu’on tait sur le physique des autres. Je suis celle qui n’a peur de rien, qui défit tout, qui ne veut avoir que ce qu’elle désire. Je suis l’individualiste aux traits meurtris par la vie. « Moi aussi », je réponds finalement. Il y a quelque chose chez Kellian qui m’intrigue. Il a l’âme souillée, lui aussi. Il a vécu des drames, il s’est fait briser au fils des années sur Terre. Il a une vieille âme, de celles qui ont du vécu. La mienne aussi est vieille si on compte les malheurs à la place des années. Et si on comparait les blessures ? On en aurait autant, ou peut-être qu’il en aurait plus. Est-ce qu’on gardera contact, pour finir par jouer au jeu des cicatrices ? Je ne sais pas. Pourtant, là, assise devant lui, le regard plongé dans le sien, j’ai l’impression que non. Ça réchauffe mon cœur, comme la cigarette qui se consume trop près de mes doigts. Je pousse un petit sifflement et laisse tomber le mégot sur la table, grognant et écrasant ce dernier sous mon poing. « Merde… » Une autre brûlure, deux, mais je m’en fiche. Comme ça, je sais que je suis toujours en vie. Malheureusement, c’était ma dernière cigarette.

Le serveur revient rapidement, deux verres sur un petit plateau. Il m’offre un sourire faux, me déposant la boisson devant le cadavre de ma cigarette avant de se retourner vers Kellian. Et comme un accident c’est bien, mais deux, c’est mieux, il glisse sur le sol et déverse le précieux alcool sur son chandail. Pas de chance, comme on dit. Il n’a pas l’air d’apprécier la situation et, je lui donne raison. Pourtant, celle-ci m’amuse à un certain point. Voir son visage froid, son regard meurtrier, ça me fait sourire. Je suis décalée, hors normes. « Navré. » J’hausse les épaules, le sourire en coin plaqué au visage. On ne s’excuse que rarement quand je suis là. Normalement, je ne reçois pas de politesses. De toute façon, je ne suis pas très polie, ne mâchant pas mes mots, préférant les cracher au visage des gens. « Vous êtes tout excusé. » Je fais s’entrechoquer les glaçons les uns contre les autres dans mon verre rempli de whisky. « Qu'est-ce que vous cherchez Beatrix ? Un corps pour vous tenir chaud une soirée ? Quelqu'un pour vous protéger ? Je vous préviens d'office, je serais très probablement terrible dans les deux cas.» La franchise de cette question me prend au dépourvue. Je reste silencieuse, méditant ses paroles. Qu’est-ce que je veux ? Tout et rien à la fois. C’est vague, comme question. Trop vague. Je veux me souiller avec alcool et drogues, je veux mourir. Mais je veux aussi vivre, brûler les rêves des gens, voir tout le monde jouer des coudes pour survivre ou arriver à ses fins. « Je veux m’évader de la réalité. » Ma réponse est elle aussi très vague. Elle est pourtant spontanée. Une confession fait à l’arrache, une confession fait à la légère. Je souris tristement, étire mes fins doigts vers le paquet de cigarettes de l’homme et en sort une lentement. « Je peux ? » Je demande la permission pour lui piquer une nouvelle meurtrière. À ce point, il ne me reste plus rien, sauf mes vêtements et le peu de lucidité qu’il me reste. La vérité, c’est que j’ai besoin de tout, d’un endroit où dormir, d’une chaleur humaine, d’une drogue pour me faire planer, de nourriture pour calmer mon ventre vide, de repos. Mais quand on est fière, on ne demande pas ça.

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MessageSujet: Re: BELLIAN ☿ la pluie colle sur mes tempes, la foudre chante ta descente   Mer 4 Déc 2013 - 20:42



Beatrix pioche dans ton paquet. Tu peux toujours voir sur la marque rougeâtre de la cigarette sur son doigt. « Je peux ? » Tu acquiesces lentement. « Je veux m’évader de la réalité. »  Ses mots résonnaient dans ta tête comme le tic tac d'une horloge. Une simple phrase, une volonté déguiser de fuir tout cela. Tu la comprenais même si cette idée te faisait mal, au fond. Tu aurais aimé aller bien, aller mieux. Tu aurais voulu retrouver ta joie d'antan, celle que tu avais pu éprouver en compagnie de Cassandra ou d'Avery. Un bonheur éphémère  car consommé trop vite. « Se brûler pour sentir quelque chose, boire pour enfin voir. Se détruire pour mieux vivre. » Tu murmurais doucement, le regard dans le vide, ta propre cigarette calée entre le majeur et l'index. La chaleur du bar te faisait presque oublié la pluie, dehors. Pourtant par la fenêtre tu pouvais voir l'eau s'écouler, glisser contre les vitres et s'écraser sur le sol. Le bruit pourtant si fort te semblait maintenant réduit à un souffle. Le sien mêlé au tien. Sa voix contre la tienne. Ses lèvres humidifiant le papier de la cigarette. La fumant s'échappant de ses fines lèvres colorées. L'odeur du tabac t'était au fil du temps devenue familière. Tout comme les effluves d'alcool. Senteur qui allait par chance te coller à la peau jusqu'au soir. Jusqu'à la fin. Tu sentais encore le contact froid du tissus humide contre ton torse. Désagréablement glacé, un tantinet collant. Si seulement tu avais eu un chez toi tu aurais sûrement trouvé refuge sous une douche brûlante. L'eau aurait alors pu effacer tes méfaits, tes pêchers. Elle aurait purifié ta peau, ton âme de chaque erreur. Tu aurais pu y convier Beatrix et la serrer dans tes bras mais tu aurais eu trop peur de la briser. Elle, si fine, une brindille étreinte par une pierre. Tu n'avais de toute façon pas de chez toi. Plus depuis l'Attaque. Et quant bien même tu n'aurais sûrement pas supporté d'y vivre seul. Trop de photos, de souvenirs. Trop de chaînes te raccrochant au passé. Aux jours heureux. Au temps révolu.

« Au lieu de rester immobiles et silencieux nous pourrions aller marcher sur la pluie. »
Tu reportas ton attention sur la jeune femme, étudiant à nouveau chacun des traits de son visage. Tu allais finir par le connaître par cœur à force. Mais pour être honnête cela ne te dérangeait pas outre mesure. Beatrix devait plaire. Beatrix était belle, dotée d'un faciès peu commun. Elle avait la beauté brûlante et destructrice des fleurs sauvages. Elle vivait à la manière d'une cigarette, se consumant à la vitesse de l'éclair.
Tu portais ton verre de whisky à tes lèvres définitivement trop sèches et le vidait d'un trait. L'alcool  t'incendiait l’œsophage, embrasant chacune de tes veines. Tu le sentais s’infiltrer dans chaque pores, s'écouler dans chaque vaisseau. Ton sang brûlait tel du feu Grégeois. Tu avais l'impression de te noyer dans ton propre corps, d'étouffer dans ta propre existence. Tu aurais voulu t'arracher la peau, te défaire de cette enveloppe qui ne t'avait définitivement pas porté chance. Mais peut être était-ce toi ? Après tout tu étais le point commun entre tes trois corps, le lien les unissant. Si deux d'entre eux avaient terminé à la morgue c'était peut être ta faute. Combien de temps restait-il à Kellian ? Allais tu continuer le massacre ? En étais-tu capable ? Ces pensées t’obsédaient, envahissant ton cerveau comme les verres une pomme gâtée.   « Ce n'est pas un voyage que je vous offre mais un échappatoire momentané. » Et c'était presque vrai. Loin des verres et cendriers. Loin des  hommes. Loin de la misère. Enfermés sous un dôme aqueux, une alternative au bonheur. « Vous me suivez Beatrix ? »  

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MessageSujet: Re: BELLIAN ☿ la pluie colle sur mes tempes, la foudre chante ta descente   Dim 8 Déc 2013 - 22:17

Je crois qu'il est trop tard pour te dire que ça fait mal.  Mon cœur n'est plus comme avant, car il s'endort tout doucement.

J’ai une nouvelle cigarette entre les doigts. Je la lui ai volée trop facilement; en fait, il m’a donné la permission, il me l’a offert comme on offre un cadeau à une amie. Et moi qui n’offre pas un seul merci. Je n’ai pas besoin de lui offrir des paroles, il peut probablement le lire dans mes yeux sombres comme mon âme souillée de produits toxiques. Lentement, comme si j’avais tout le temps du monde devant moi, j’avance ma petite main chétive vers le briquet qui est de son côté de la table. Je frôle l’objet, mais je me stoppe à la dernière seconde. Il m’a offert une cigarette, c’est maintenant la seule qu’il me reste. Et si je veux avoir une autre meurtrière pour un moment comme celui-ci dans un futur rapproché, je me dois de la garder précieusement. La brûlure de cigarette sur mon doigt fait trembler ce dernier d’une drôle de façon. Je ne contrôle plus ses mouvements, un peu comme moi quand les drogues coulent dans mes veines bleutées qu’on peu aisément remarquer à travers ma peau livide. Cadavre exquis. « Se brûler pour sentir quelque chose, boire pour enfin voir. Se détruire pour mieux vivre. » Ses mots résonnent dans ma tête, ils auraient pu être les miens. Phrases construites par un semblable, un peu trop comme moi, mais en même temps, si différent. Il comprenait ce que les autres ne comprenaient pas chez moi, chez les brisées, les mal aimées, celles dont on ne veut le corps que parce qu’on a pas d’autres choix. C’était étrange de se dire que certaines personnes me trouvaient jolie, belle. La surface était bien polie, peau blanche, joues rosies par le froid des goûtes de pluie, cheveux d’ébène et bouche de fraise. Petit corps plus maigre qu’en santé. Je n’étais pas ce que l’on pouvait appeler de sensuelle, d’agréable à regarder. J’avais l’âme souillée par le goudron des cigarettes fumées une après l’autre, j’avais les veines brûlées par toutes ces drogues injectées dans mon organisme, ces drogues inhalées, avalées. Se détruire pour mieux vivre. Oui. Il avait réussit à cerner ce que les autres ne cernaient pas. Ou, du moins, il avait réussit à trouver les mots. C’est terrifiant, tout me terrifie. Je prend une bouffée de la cigarette fraîchement allumée et je ne répond pas à cette phrase. Il n’y a rien à dire, rien à ajouter, sauf peut-être le silence entre nous deux. Encore ces mêmes regards, ces œillades sans gêne. Comme si nous nous défions l’un l’autre.

Et sans s’y attendre, sa voix s’élève à nouveau, coupant ce silence, le taisant. Parce que même le silence est bruyant. « Au lieu de rester immobiles et silencieux nous pourrions aller marcher sur la pluie. » Je hausse un sourcil, réfléchir à la proposition. Sortir d’ici et goûter à la sensation de la pluie sur mes bras… C’était plus agréable de se faire embrasser par la pluie que par les lèvres d’un homme qu’on ne connait que pour une nuit, peut-être plus, s’il devient un client habituel. C’était cette pensée qui avait obsédée Beatrix lorsqu’elle exerçait ce métier peu flatteur, destructeur. C’était ce qui la ramenait à la réalité, la pluie sur sa peau nue. Moi, j’avais besoin de ces drogues pour m’échapper. Difficile d’en trouver par les temps qui courent. Trouver de quoi m’embrouiller les idées était mon souci principal. Cette part de moi qui voulait finir la journée ivre morte préférait rester ici, à commander des verres. Mais Beatrix, elle se serait levée et elle serait sortie.  « Vous me suivez Beatrix ? » J’hoche lentement la tête, mon regard plongé dans ses iris bleus à m’en couper le souffle. Oui, je laisse les vieilles habitudes de l’humaine prendre le dessus, juste pour voir ce que ça fait, de profiter de l’eau froide. J’aspire la nicotine une dernière fois avant d’écraser la cigarette sur la table en bois. Peu de respect pour ce qui ne m’appartient pas. Toujours pas de sourire sur mon visage trop pâle, qu’un mélange d’inconnu. Je reste debout devant la table et enlève la veste trop grande qui lui appartient. « Vous voulez votre veste ? » Il fait froid, autour de moi, mais de toute façon, je terminerais à nouveau trempée sous les nuages gris qui pleurent.

Nous passons le pied de la porte quelques minutes plus tard, certains nous ayant jetés des regards presqu’accusateurs. Ils pensent que nous allons directement à la chambre ? Ils pensent peut-être qu’on est tout simplement cinglé de sortir quand la pluie tambourine à un rythme trop fort sur les fenêtres pour tout simplement penser aller dehors par un temps pareil. Mais nous sommes différents, non ? Les hors-normes. Et silencieusement, je fais quelques pas indépendamment, sans attendre Kellian. Il peut me suivre, il n’y a que nous à l’extérieur. La ville fantôme me parait plus vivante que lorsque le soleil nous offre la lumière et la chaleur. Je m’arrête au milieu d’une rue, ferme les yeux et lève la tête vers le ciel, comme si je regardais le déluge tomber. Sur mes bras nus, l’eau perle. Il est étrange que la fatigue me gagne à ce moment présent. J’ai très peu dormis ces derniers jours, la faim tenaillant mes entrailles, me rappelant que je suis bel et bien humaine. Faite de chair et d’os, de rien et de tout à la fois. J’ouvre les yeux et baisse lentement ma tête, me retournant pour découvrir l’homme qui s’approche. Le coin droit de mes lèvres s’étire et on pourrait presque déceler l’ombre d’un sourire. C’est étrange, cette sensation, comme si ces muscles n’étaient plus sollicités. Je sais sourire, il n’y a tout simplement rien pour qu’il apparaisse sur mon visage trop dur, meurtrit par la vie. « Merci… » Une politesse presque chuchotée. Merci de quoi ? Merci de m’aider à m’échapper d’un monde trop réel. Ma main se crispe légèrement sous l’eau glacée, créant un certain contraste avec la chaleur de ma brûlure. Ça apaise la douleur. « Vous faites quoi, dans la vie ? » Je n’attends pas une réponse précise, ma question est vague, elle peut être interprétée de bien des façons. Cette question me permet de cerner les gens.

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MessageSujet: Re: BELLIAN ☿ la pluie colle sur mes tempes, la foudre chante ta descente   Sam 21 Déc 2013 - 21:20



Elle t'a redonné ta veste que tu as enfilé avant de quitter les lieux. Tu as laissé derrière toi quelques pièces pour les boissons mais aucun pourboires. Ce n'était pas sur ta chemise que tu avais demandé ton whisky. Dehors la pluie n'a pas cessé de tomber. Inlassable, insatiable. Les gouttes se jettent des nuages telles les jeunes gens du haut des ponts. Elles chutent sans ménagement, glissant sur ton visage, mouillant tes vêtements. Ta veste n'est qu'accessoire, elle ne te protège en rien du froid mordant de l'air. Ce vent glacial qui s'infiltre partout et te prend à la gorge. Celui qui ralenti ton souffle et tes mouvements. Qui engourdi tes sens. Tu fais quelques pas et rentre tes mains dans les poches de ton pantalon avant qu'elles ne gèlent. Tu te sens bien. Tu aimes la pluie, son odeur, celle de la terre. Tu aimes ces fines perles qui s'écrasent contre toi. Mais plus que tout tu aimes le son, la musique du déluge.
A quelques pas de toi marche la jeune femme. Tu observes son dos, ses courbes délicates. Tes yeux glissent sur ses cheveux d'ébène qui courent sur sa peau. Tu détailles ses jambes fines et sa manière d'avancer. Tu admires sa façon de lever la tête vers le ciel. Tu imagines ses yeux fermés et sa bouche entrouverte, la pluie s'écoulant sur ses lèvres et sur ses joues.

Vous n'êtes sortis que depuis quelques secondes mais tu es déjà trempé jusqu'aux os. Tes vêtements gorgés d'eau te pèsent maintenant, presque autant que tes souvenirs.
Tu enjambes quelques flaques, bien conscient tout de même de l'inutilité de ce geste. Après tout l'humidité s'était infiltrée partout comme la peste, investissant le fond de tes chaussures comme les poches de ton pantalon.
Au bout d'un certain moment elle se fige puis se retourne. Tu redécouvres son visage comme on retrouve une vieille photo, un sourire se dessinant sur les lèvres. Elle a la pâleur des nuages et des yeux aussi sombres que le jais. « Merci… » Tu clignes des yeux. Rare sont les gens qui peuvent te  remercier de nos jours. Il fut un temps où ce mot s'échappait souvent de leurs bouches, mais il était résolu depuis bien longtemps. S'ils le disaient aujourd'hui c'était par pur réflexe, sans réelle signification. Merci pour les corps, merci pour la clope. Là c'était différent. Ce merci était sincère, du moins l'espérais-tu. « Vous n'avez pas à me remercier. » lui réponds-tu alors d'un air grave. Le sourire s'est cassé, évaporé. Il a disparu, s'est envolé. A été réduit au néant.  « Vous faites quoi, dans la vie ? » Tu ne t'attendais pas à cette question. Ton emploi avait autant d'intérêt que les ébats des anciennes stars de la télévision à l'époque où tout était encore normal. Normal. Tout était relatif et ce mot te brûlait la langue. « Je chasse. » C'est court, c'est simple, c'est concis. Ça résume parfaitement ton travail.  Tu chasses l'homme. L'Homme. Qualification terrible pour un métier tout aussi monstrueux.

« Et vous, racontez moi ? »
Tu t'avances vers elle, la rattrape. « Que faites vous de vos journées ? de vos soirées ? » Tu essaies de la regarder dans les yeux malgré le rideau de pluie qui vous sépare. Même trempée Beatrix reste pleine de prestance et d'insolence. Le ridicule ne vous atteint pas. De loin on aurait pu croire à une scène de film. Une de ces belles scènes qui font pleurer les mères  et rêver les adolescentes. Mais pas aussi surjouées et caricaturales. Elle sonne vraie. Elle semble crue, réelle à souhaits. « Et que faites vous ce soir ? » Tu te lances sans réfléchir. Inutile. Tu ne veux pas rester seul et quelque chose te dit qu'elle non plus. Ce n'est même pas une réelle invitation. Juste des mots, une question. Rien de bien compliqué. Tant pis si elle est prise, tant mieux si elle ne l'est pas. Tu ne mourras pas de son absence, pas encore.

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MessageSujet: Re: BELLIAN ☿ la pluie colle sur mes tempes, la foudre chante ta descente   Dim 19 Jan 2014 - 4:55

Je crois qu'il est trop tard pour te dire que ça fait mal.  Mon cœur n'est plus comme avant, car il s'endort tout doucement.

Je reste debout, mon corps frêle et froid sous la pluie qui lave mes péchés et qui semble vouloir balayer ma rage. Je sens presque la paix enivrer mes sens, le bout de mes doigts, puis mon cœur qui semble n’aimer personne, pas même moi.   Les larmes froides des nuages gris coulent contre ma peau bouillante de cet alcool consommé à la va-vite, pour se réchauffer, pour oublier. Quoi, tout, rien, les petits détails d’une vie insignifiante. Je suis un insecte, une petite coccinelle ? ou plutôt une fourmi, ou une araignée, venimeuse, meurtrière, qui tisse, qui tisse, sans jamais s’arrêter, qui mange son mari, qui pond, qui meurt. Mais je ne ponds pas, moi, je meurs avant. Je meurs avant tout, et pourtant je suis là, debout, sous un ciel trop triste, sous un ciel qui déverse les perles d’eau froide. Un léger sourire sur les lèvres roses, je ferme les yeux et laisse cette nature m’emporter loin du décor apocalyptique. Beatrix aimait le beau, le calme, elle aimait observer la pluie tomber contre la toute petite fenêtre de son misérable appartement. Elle aimait les parcs et les grands espaces. Elle y respirait mieux que partout ailleurs. La fumeuse aux poumons souillés que j’étais appréciait l’air frais qui s’infiltrait dans sa gorge, comme si on purifiait chaque centimètre de son intérieur. J’aurais préféré renouveler ce corps qui n’était pas mien, qui décrépissait au fil des jours. Malheureusement, je ne peux rien faire, alors je ne fais que remercier Kellian de ma faible voix. Il est à quelques pas de moi, à deux ou trois mètres, à quelques règles en plastique qu’on utilise à l’école pour calculer les longueurs et les largeurs des carrés, des rectangles, des formes mathématiques qui ne servent, au final, pas à grand-chose. Être adulte ne sert à rien, sauf à s’écraser sur le trottoir de ciment des grandes villes. Quand on est adulte, on se heurte à la réalité laide et noircie d’une vie qu’on rendait trop belle et trop remplie de fioritures à force de se faire des idées.

« Vous n'avez pas à me remercier. » Kellian ne sourit plus, il se heurte lui aussi à la réalité. Il me ramène sur Terre, je perds le semblant de joie qui peuplait mon cœur aux aortes bouchées par le charbon des cigarettes fumées une à la suite de l’autre dans une vie antérieure où je n’étais pas le fruit d’une implantation. Et dire que Beatrix aurait pu mourir dans son sommeil, sans douleur. Un soupire s’échappe de ma bouche et j’essuie des gouttelettes posées sagement sur mon front. Pour me changer les idées, je pose une nouvelle question à l’homme aux yeux d’eau de glaciers. Que fais-tu, étranger, dans la vie ? Que fais-tu ? « Je chasse. » Tu chasses ? Il chasse. Que chasse-t-il ? Il pourrait chasser bien des choses, il pourrait chasser le soleil que ça ne m’aurait pas déranger. Le brin d’une fantaisie fanée par le temps vicieux aurait pu pointer son nez, mais non. Il ne chassait probablement que l’Homme, mais c’était une bonne chose. L’Homme est bête, certains le deviennent moins après l’implantation. S’ils ne sont pas défectueux comme moi, comme d’autres. Objets brisés, comme des bibelots en porcelaine qu’un jeune enfant aurait échappés sur le sol. Nous sommes de fragiles créatures et ça me dégoûte. J’aurais préféré être invincible, ne rien craindre, tout affronter et rester debout sur mes jambes. Les genoux égratignés et les gales de sang séché sur ces derniers montrent que je ne tiens pas toujours sur mes deux pieds, que tomber est plus attirant que lutter pour rester levée.

Le retour de la question me surprend; il m’est toujours étrange d’entendre cette question. Moi, qu’est-ce que je fais de mes journées, qu’est-ce que j’offre comme réponse à la personne qui m’interroge du regard en face de moi ? Je ne suis pas intéressante, alors j’hausse mes fines épaules et je réponds brièvement. « Je m’échange. » Mon corps contre un paquet de cigarettes, mon corps contre un repas, mon corps contre n’importe quoi pour vivre. Oui, je m’échange contre quelque chose. Et je ne ressens plus de honte, plus de tristesse, plus rien. Je suis vide et les transactions sont elles aussi vides. Les émotions sont entassées et écrasées sous le poids de… rien, et je me contente de ces moments pour vivre. « Et que faites vous ce soir ? » Je fronce un sourcil, prends le temps de réfléchir à mon horaire lui aussi vide, comme mon corps, puis, sans avertir, je reprends ma route. Lentement, je marche, marche, pour me rendre n’importe où, pour reprendre conscience de l’eau qui coule des nuages au-dessus de nos têtes pensives. « Je ne sais pas. Que fait-on ce soir, Kellian ? » J’utilise ce troisième pronom, je lui fais savoir que je veux bien passer le reste de la soirée avec lui. Peut-être la nuit, peut-être le matin. Peut-être plus, peut-être moins. L’infini des possibilités qui s’offrent au «on». Continuant ma route vers l’inconnu, je me retourne pour faire face à ce «chasseur» et je ne souris pas, mais je ne le fusille pas du regard. Je ne sais pas ce que je fais, je sais simplement que je l’observe et ça me suffit amplement. Je pourrais poser mes prunelles amande sur lui pendant des heures, enregistrer ses traits dans ma mémoire, mémoriser les teintes de bleu de ses iris, puis les reflets dans ses cheveux bruns. Je pourrais faire la course avec mes doigts le long de sa mâchoire bien définit, effleurer sa peau de mes ongles mal taillés, faute d’avoir toujours le temps de me préoccuper de ce détail insignifiant dans ma vie de putain. Je pourrais tout faire pour cet inconnu, mais je ne fais rien, parce que ce n’est pas logique. Je ne fais que l’observer, silencieuse, stoppant ma marche, les pieds dans une flaque d’eau. Mes ballerines imbibées, mes petits pieds mouillés, puis mes cheveux que je rassemble en un chignon bas, les nouant avec l’élastique qui coupait lentement la circulation du sang dans mon poignet gauche. Il se rapproche à nouveau de moi.

« J’aime la pluie. » L’information est livrée de la sorte, sans annonce, sans avertissement. Un détail insignifiant sur moi, comme si on allait vraiment apprendre à se connaître, alors que c’est tout faux. « Et vous, est-ce qu’il y a quelque chose que vous appréciez ? » Pas «aimer», parce que ce verbe, conjugué ou non, me donne envie de mourir, d’entourer mon cou de mes petites mains et de serrer jusqu’à ne plus pouvoir respirer. Je n’aime pas l’amour, je préfère utiliser le verbe «aimer» à la négation, pour nier cette notion.

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MessageSujet: Re: BELLIAN ☿ la pluie colle sur mes tempes, la foudre chante ta descente   Dim 9 Fév 2014 - 8:22



Tu échanges ton temps contre de l'argent. Quelques âmes humaines aux yeux emplis de crainte au prix de trop nombreux billets verts. Comme quoi on s'échange tous. Sa vertu pour sa survie, son amour pour une nuit. On troque tout et n'importe quoi, la déchéance pour seule règle. On plaque un sourire sur ses lèvres pour affronter le monde, on pigeonne et on entube. On se bat, nous pauvres bactéries dans la boue,  misérables insectes désabusés. On est anesthésiés, lésés, souillés. Corps plus qu'âmes, douleur plus que plaisir.
Tu as observé ses épaules s'affaisser et son regard s'assombrir. Détresse muette ou désintérêt seulement ?  Ses sourcils se froncent quand tu la questionnes quand à son emploi du temps -lequel te semble au moins aussi vide que le tien- puis se retourne sans même t'en avertir. Elle brave la pluie et marche, laissant les rideaux aqueux griser mes penser. « Je ne sais pas. Que fait-on ce soir, Kellian ? » Elle te surprend à nouveau, soulevant ton invitation d'une voix neutre. Elle s'est arrêtée, enfin, et tu as fait de même. Vous n'êtes plus bien loin l'un de l'autre maintenant. Quelques pas seulement. Quelques univers, quelques silences. Les gouttes glissent sur ses joues comme elles doivent le faire sur les tiennes, se frayant un chemin dans ta barbe de cinq jours.  « On brûle. » À la manière de papillons de nuit se frottant aux néons. On brûle, comme les astéroïdes entrant dans l’atmosphère. On brûle, comme une gorgée d'alcools fort anesthésie tes tissus.
Elle remonte ses cheveux en un chignon bas et tu t'approches d'elle. Tes yeux sont rivés sur elle comme si elle pouvait disparaître à tout moment. Et si c'était le cas ? Et si en un claquement de doigts elle se volatilisait ? Si au petit matin ne restait près de toi que l'odeur de sa peau et les traces de sa silhouette sur le matelas ? Cette perspective te rendait étrangement malade. Tu voulais pouvoir tracer sur ses hanches d'invisibles tourbillons du bout des doigts et réchauffer vos corps l'espace d'un instant. Mais rien ne dure, tu ne le sais que trop bien. « J’aime la pluie. Et vous, est-ce qu’il y a quelque chose que vous appréciez ? » Ton regard se détache du sien et tu t'accordes quelques secondes de réflexions. La notion d'appréciation t'es bien lointaine car avec le temps on n'apprend qu'à s'accommoder des choses. On oublie le plaisir associé et tire un trait sur tout. « J’aime le vent et la tempête. Le bruit de la vague sur les rochers. J'aime le crépitement du feu et les cigarettes fumées au levé du jour. » Petit à petit au rythme de tes paroles tu t'es approché encore. Inconsciemment. Tes yeux côtoient le vide. « J’aime m'oublier. »

« J’ai peu à offrir Beatrix, je partage ma vie entre la route, la rue et l'hôtel. Mes cigarettes et mon feu sont ce que je possède de plus précieux. Je ne suis ni riche ni puissant et détruit tout ce que je touche. » Ton visage est si près du sien maintenant qu'ils pourraient presque se toucher si l'un de vous en décidiez. Tu restes pourtant immobile après ta déclaration. Déclaration ou confession ? Le bruit de la pluie s'intensifie. L'averse ne se calme pas.  

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MessageSujet: Re: BELLIAN ☿ la pluie colle sur mes tempes, la foudre chante ta descente   Sam 1 Mar 2014 - 18:51

Je crois qu'il est trop tard pour te dire que ça fait mal.  Mon cœur n'est plus comme avant, car il s'endort tout doucement.

On brûle, comme une forêt lorsqu’elle est la proie des flammes. On brûle, comme les cigarettes qu’on fume. On brûle, comme une bombe nucléaire, comme Hiroshima, on se détruit en brûlant trop. Sa réponse me convient; consumons-nous comme des allumettes. Je n’offre qu’un léger hochement de la tête suite à ces deux mots et je rassemble ma chevelure d’ébène longue et trempée en un chignon bas, pour dégager mon front des mèches qui s’y étaient collées, pour que la pluie glisse plus facilement sur ma peau encore chaude, pour qu’elle chasse la saleté qui s’est incrustée dans mes pores, à défaut de ne pas avoir pu profiter de l’eau chaude d’une douche hier matin. J’apprécie la pluie comme j’apprécie le feu, bien qu’ils soient deux opposés, bien qu’ils soient ennemis jurés. On ne peut faire vivre les flammes si les pleurs des nuages se déversent sur elles. Je sens le regard bleuté de Kellian sur moi, qui me scrute, qui me fixe trop, qui n’observe que moi et rien d’autre, qui semble observer chaque détail de ma personne, de mon corps chétif, de mes yeux en forme d’amande. J’en frissonne, cette perspective me serre les entrailles, elle écrase ma cage thoracique, coupe ma respiration; je retiens mon souffle quelques longues secondes, mon regard rivé sur ses yeux merveilleux et j’ouvre à nouveau la bouche pour laisser s’y échapper une affirmation suivit d’une question. J’aime la pluie, oui. Information livrée sans y penser, comme un détail insignifiant sur moi. Et lui, qu’apprécie-t-il ? Un échange de mots futiles qui s’envoleront dans l’espace qui nous sépare, mais qui resteront gravés dans notre mémoire.

« J’aime le vent et la tempête. Le bruit de la vague sur les rochers. J'aime le crépitement du feu et les cigarettes fumées au levé du jour. » Sa voix s’élève dans le murmure de la pluie et je ferme les yeux un moment, imaginant le bruit des vagues sur les rochers, comptine apaisante. Je n’ai plus que mon imagination pour survivre dans une société où je ne suis là que pour le plaisir des autres. Je survis, alors rêvasser la vie, tout ça, c’est permis. Cela fait longtemps que Beatrix n’a pas vu la mer. Lorsqu’elle était encore en contact avec ses parents, elle y allait chaque été. Ils passaient un bon moment en famille et ce sentiment me tord le cœur. Je n’ai vécu aucun de ces souvenirs, je n’étais pas là. Pourtant, quelques fois, ils happent de plein fouet la réalité et le corps réagit, qu’on le veuille ou non. « Vous avez bon goût. » Je laisse échapper, les paupières toujours closes, le vide enivrant mes sens. À nouveau, le silence s’installe entre nous et le temps semble s’arrêter. J’aimerais pouvoir m’étendre sur une route et sentir les goûtes de pluie marteler mon corps doucement affaiblit par le manque de nourriture, j’aimerais pouvoir ressentir la nature plutôt que le manque de tout, de drogue, surtout. Le doux poison ne coule plus dans mes veines depuis hier. Bientôt, il m’en faudra à nouveau. Bientôt, je perdrais lentement mes moyens, mes pensées, mes mots. « J’aime m'oublier. » À ces mots, j’ouvre les yeux, fixe son visage, fixe son regard qui observe le vide et je comprends. Je comprends ce sentiment, j’aime oublier qui je suis, j’aime oublier mon corps, mon âme. J’aime n’être rien.

« J’ai peu à offrir Beatrix, je partage ma vie entre la route, la rue et l'hôtel. Mes cigarettes et mon feu sont ce que je possède de plus précieux. Je ne suis ni riche ni puissant et détruit tout ce que je touche. » Sa voix résonne entre les parois de mon crane, elle reste là, se répète, me hante. Spectre vocal qui semble s’installer dans mon esprit, s’accrocher à mes pensées, persistante. Et ces phrases si bien composées qui ne sortent que de son imaginaire à lui m’enlèvent les mots de la bouche, si bien que je ne sais plus quoi faire, quoi dire. Entre lui et moi semble régner un incessant silence qui peuple la conversation chaque fois qu’un de nous deux ose prendre la parole. Doucement, avec toutes les précautions du monde, je dépose ma main gauche sur sa joue où des goûtes de pluie se mêlent à cette barbe de cinq jours qu’il porte si bien, trop bien. Je laisse mon pouce caresser cette peau douce, détruire les perles d’eau qui s’y sont posées calmement. « Je suis déjà détruite. » Je suis déjà souillée par tous les péchés, par tous les monstres de l’esprit, par l’héroïne, par la morphine, par les médicaments que je vole pour pouvoir m’élever trop haut. Je suis déjà détruite, je me condamne moi-même et rien ne m’arrête, pas même la peur de mourir. Mes lèvres rosées s’étirent en un mince sourire et moi aussi, je détourne le regard pour fixer le vide de ma vie. Ma main glisse lentement de sa joue et retrouve sa place près de mes jambes où ma robe fleurie y est collée, trempée. « Offrez-moi vos nuits de solitude. » Ma voix chuchotée semble se mêler au bruit calme des goûtes d’eau tombant sur nous, au sol, sur les toits des immeubles qui ont vieillis trop rapidement. Pour Kellian, spécialement pour lui, je n’exigerais rien en retour que sa présence. Étrangement, il comble un vide, il bouche les trous de mon corps pourrissant.

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MessageSujet: Re: BELLIAN ☿ la pluie colle sur mes tempes, la foudre chante ta descente   Sam 15 Mar 2014 - 19:26



Kellian. Beatrix. Sept lettres. Trois syllabes et quatre consonnes. Même disposition, différente musique. L'une glissante telle le serpent l'autre électrique, roque. Vos traits diffèrent et se complètent comme vos corps le feront sûrement. Tu visualises déjà la chambre d'hôtel miteuse aux éclairages blancs et froids. Les grésillements des luminaires et le bruit de la pluie battant les carreaux. Les caresses brûlantes comme la cendre toute juste tombée à terre. Cette  poussière orangée, incandescente. Tu peux sentir la chaleur de sa peau contre la sienne alors que tu ne la touches même pas. Pas encore.
La pluie glisse sur ton front maintenant fiévreux. Tu tournes. Tout tourne. Les vertiges alcooliques t'assiègent mais ta pensée est claire. Le métabolisme de Kellian avait toujours été efficace, et ta présence n'y avait rien changé. Toi le parasite n'avait fait que profiter. Parasiter son organisme, t'accrocher à sa vie. Ce n'est qu'avec lui que tu avais appris à boire, récupérant ses mauvais tics, ses terribles manies et addictions. Il y avait eu la cigarette puis l'alcool, la plus dure. Seule la drogue t'était demeurée étrangère comme si le traumatisme de la cure qu'il avait subi s'était trouvé plus important que l'envie même. Les cachets, la poudres et les seringues s'étaient gardées bien loin, c'est bien simple, tu n'avais jamais recroisé leur chemin. Tu restais soft, petit joueur te contentant d'herbe et d'éthanol. Kellian. Enveloppe souillée par la vie comme une toile par le peintre.

La main pâle de la jeune femme se pose délicatement sur ta joue comme une plume. Les gouttes aqueuses éclatent à son contact. Elles meurent, implosent. Apoptose hydraulique. Feu d'artifice pluvieux. Tes yeux se ferment. « Je suis déjà détruite. » dit-elle. Une phrase que tu aurais pu exprimer toi même. Quatre simples mots. Neuf voyelles et neuf consonnes. Le duo parfait.  Dix-huit lettres sublimes pour de si dure paroles. Ses doigts se détachent de toi et tes paupières s'ouvrent comme automatiquement. « Offrez-moi vos nuits de solitude. » termine-t-elle. Son chuchotement te fait frémir. Prononcé avec une telle douceur il avait frappé ton corps comme un coup de fouet. Ta colonne vertébrale s'était électrisée sous son ton. Sous sa demande.


« Il nous faudrait une vie entière. » Ton souffle s'entend dans ta voix et un sourire étire doucement tes lèvres. D'un doigt tu replaces une boucles couleur de jais qui gorgée d'eau s'était retrouvée à barrer le visage de Beatrix. « Il va pour cela vous falloir me suivre. » Tes mains se glissent dans les poches de ton pantalon et tu commences à marcher. Tu sais où aller. Si tu n'as pas d'appartement tu as un hôtel privilégié. Ce n'est pas bien loin, à quelques minutes à peine.
Vous battez le pavé  sans même accélérer. Ta démarche est nonchalante, inchangée. L'eau qui tombe du ciel ne tari pas, déluge interminable et froid. Douce mélodie qui rythme vos pas. Vous arrivez bientôt. Enfin. L'homme à l'entrée te regarde sans te voir et quelques odeurs d'opium te parviennent. Tu déposes quelques billets face à lui et une clé vient trouver sa place entre tes doigts. Tu montes à ta chambre, Beatrix sur tes pas et ouvre la porte. La pièce est petite, l'éclairage misérable. Le lit imposant mange la moitié de l'endroit. Tu n'as aucun doute quant au genre de clients la fréquentant. Il fut un temps où cela t'aurait sûrement dérangé, mais plus maintenant. Tu pourrais te rouler dans ces draps sans ressentir la moindre trace de dégoût. Tu appartiens à ce genre d'endroit. Tu es naît de la fange et de l'horreur.   

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MessageSujet: Re: BELLIAN ☿ la pluie colle sur mes tempes, la foudre chante ta descente   Jeu 20 Mar 2014 - 18:34

Je crois qu'il est trop tard pour te dire que ça fait mal.  Mon cœur n'est plus comme avant, car il s'endort tout doucement.

Ma main semblait avoir trouvé ce refuge rassurant contre sa joue chaude. Mon pousse avait détruit des perles de pluie alors qu’il caressait doucement sa peau dans un geste si familier, instinctif. Maintenant qu’elle n’est plus sur sa joue, j’ai cette impression de manque,  j’aimerais qu’elle touche encore une part de son être, de cette enveloppe corporelle aux yeux trop bleus, au regard déstabilisant et à la fois enivrants. Ils sont comme l’héroïne, le goût des regards qu’il me jette est étrangement divin. Regarde-moi encore, je t’en pris, souille mes veines de ce bleu océan avant que les drogues ne les souillent à ta place. Je lui demande de m’offrir ses nuits de solitude, rien de plus, rien de moins. Pour combler un besoin plus grand que cette dépendance qui me ronge tout, de l’âme au corps. Je reste près de lui et mes yeux amande sont fixés sur sa personne, sur cet homme trempé de la tête aux pieds, j’attends que sa voix s’élève dans l’espace qui nous entoure. J’attends que sa voix brise le silence de cette ville fantôme. « Il nous faudrait une vie entière. » Sa voix est électricité dans l’air, elle est murmure de pluie, elle est chuchotement de flammes. Et il replace une de mes mèches de cheveux de jais derrière mon oreille. Je retiens mon souffle, comme s’il fallait être de pierre pour profiter de ces quelques secondes d’attention. « Il va pour cela vous falloir me suivre. » Il sait que je le suivrais n’importe où, il doit le sentir au plus profond de lui. « Allons-y. » Paroles soufflées comme on souffle sur un feu pour lui rendre la vie. Consumons-nous, Kellian, rien que toi, rien que moi, rien que nous.

Il se met alors à marcher, il semble connaître l’endroit par-cœur, il connait les rues de l’endroit comme moi je connais mes veines pour injecter l’héroïne. Je le suis, petite créature derrière lui, comme son ombre, comme une part de lui plus sombre. Le rythme de nos pas est calme, nonchalant. Nous savons ce qui nous attend, nous préférons se murer dans un silence jusqu’à voir se dessiner devant nous l’immeuble grugé par l’usure du temps. Nous entrons à l’intérieur, les goûtes de pluie disparaissant du ciel, perlant sur nos corps trempés. Je respire l’air frais de l’endroit, l’odeur d’opium me cloue sur place, me tenaille les entrailles, crie mon prénom. Devant moi, Kellian échange l’argent contre la clé et il reprend sa route dans l’établissement aux lumières trop tamisées. Je fais de même et après avoir monté jusqu’à s’arrêter à un étage précis. Quelques pas plus tard, la chambre de l’homme. Il entre, j’entre aussi, refermant derrière moi. Mon regard se pose sur le lit imposant de la pièce, qui semble prendre toute la place. L’odeur de poussière est bien présente, mais tout ceux qui sont passés ici avant n’ont pas dû broncher, comme vous le ferez probablement. Dans ce monde, on ne peut plus se plaindre de cela; ce ne sont que de stupides détails qui ne changeront rien aux moments. J’avais vendu mes charmes à des endroits bien pires, j’avais donné mon corps dans les recoins des ruelles, d’autres fois, dans des chambres délabrées. L’état des lieux n’était toujours qu’un autre détail quand on avait de la conviction. Je suis une habituée de la profession, alors pourquoi, à ce moment précis, je n’arrive pas à savoir quoi faire ? Doucement, je me déplace pour être près de lui, à ses côtés et je noue mes doigts tremblants aux siens. Cela fait trop longtemps que je n’ai pas été enivrée par la drogue, mon corps le ressent, il est prit de spasmes, quelques fois. « Je suis à vous. » Pour la vie entière, jusqu’à ce qu’il ne veuille plus de moi, jusqu’à ce que je sois trop détruite pour qu’il daigne seulement poser son regard bleuté sur moi. Je suis à lui. Ma main se perd dans la sienne, et j’espère me perdre en sa présence. J’espère m’oublier et m’abandonner. « Pour effacer votre solitude. » Et effacer la mienne, aussi.

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MessageSujet: Re: BELLIAN ☿ la pluie colle sur mes tempes, la foudre chante ta descente   Dim 30 Mar 2014 - 15:41



La chambre est sombre, poussiéreuse. L’halogène pâle grésille vacille dans une plainte. Tu t'avances. Ton pouls s'emballe et la manque monte, investissant ton corps comme le napalm  la mer. Chaque parcelle de ton corps hurle le besoin et te brûle. La nicotine s'évapore, minute après minute, seconde après seconde. Ton whisky s’assèche, se mêle à ton hémoglobine et meurt. Tu brûles. Tu brûles toujours, tu brûles encore. Beatrix est derrière toi, tu sens son ombre dans ton dos et son regard sur ta nuque. Tu te retournes et lui fais face. Elle se rapproche tel le serpent de sa proie. Ses doigts se serrent contre les tiens. Ta peau à son contact se désintègre, comme touchée par l'acide. Elle tremble, du moins ses mains. Vos paumes se joignent, se rejoignent plutôt. « Je suis à vous. » Tes yeux sont fixés aux siens, tu ne t'en défaits plus. Un lien semble s'être créé, reliant vos deux pupilles l'une à l'autre. « Pour effacer votre solitude. » Ses dernières paroles s'égrainent dans l'air comme des perles de pluies. Tu n'entends plus rien d'autre. Seul ses mots comptent. Seule sa voix, son timbre et son souffle. Tu t'approches encore plus près sans la quitter du regard. Jamais. Tes iris bleutés la suivent, incapables de se détourner d'elle. Et enfin tes lèvres rencontrent son cou. Sa peau est douce, encore perlée de pluie. Ses cheveux d’ébène éfleurent ton nez avec délicatesse. Tu pourrais rester ainsi une éternité. Loin du froid et de la vie. Loin des conflits et des armes. Dissimulé dans cette bulle de tranquillité. Lust.
Tu sens son corps contre le tien, mais ne faiblis pas. Pas de retour en arrière à ce stade. Ta bouche se fraie un chemin jusqu'à la sienne, baisant cette peau encore si froide. Ta main droite s'échappe pour venir se placer derrière sa nuque délicate. Ta respiration est coupée comme chacune des connections à ton cerveau. Tu ne penses plus.

Quand tu te détaches finalement d'elle, tu lances d'une voix calme. Ton rythme cardiaque ne s'est, lui, pas apaisé. « Et noyer la votre. » Tu es une bombe. Une horde de sentiments prête à exploser à chaque minute. Ça te fait peur parfois, toute cette violence que tu as en toi. D'un coup sec tu pourrais lui briser la nuque. Une seconde te suffirait pour lui ôter la vie. Pour te retrouver seul. Seul dans cette grande pièce remplie de poussière. Pourtant tu restes calme. Immobile ou presque. Tu la fixes, encore et toujours. Les odeurs d'opium te parviennent un peu, collant aux murs et aux draps. C'est un peu malhabile que tu défaits sa robe et la fait tomber au sol dans un bruissement de tissus. Du doigt tu caresses son bras, de l'épaule au poignet. « Que fait-on maintenant Beatrix ? »
Dehors la pluie a reprit de plus belle. L'eau bat les carreaux avec violence. Tu te sens bien ici dans cette pièce absurde, aussi absurde que toi. Tu es absorbé par la contemplation de cette jeune femme et de son corps presque nu. Elle a la peau pâle, translucide. Lunaire.

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MessageSujet: Re: BELLIAN ☿ la pluie colle sur mes tempes, la foudre chante ta descente   Ven 13 Juin 2014 - 19:28

Je crois qu'il est trop tard pour te dire que ça fait mal.  Mon cœur n'est plus comme avant, car il s'endort tout doucement.

Un halo de poussière dans une pièce qui semble immense alors qu’elle est en fait trop petite, trop minuscule, trop vieille. J’aimerais sentir le souffle de Kellian contre ma peau, j’aimerais sentir ses mains contre mes maigre bras chétifs, juste quelques secondes, pour me faire comprendre que je ressens encore certaines choses, que je suis encore en vie. J’ai besoin d’une présence pour combler le vide dans mon estomac, le vide dans ma tête, le vide d’une vie lente et sale. Je m’approche vers lui; il se retourne. Comme s’il savait, comme s’il pouvait sentir mes yeux sombres lui transpercer l’être. Je noue mes petits doigts aux siens et je retiens mon souffle, comme si je ne pouvais pas me permettre de respirer le même air que lui, comme s’il fallait que rien ne gâche cette minuscule étreinte, pas même le son de ma respiration qui semble s’accélérer à mesure que les secondes s’écoulent, à mesure que le manque de drogues se fait sentir dans ce corps humain. Je laisse quelques mots s’échapper de mes lèvres rosées et le brun de mes yeux se mêle au bleu glacier des siens. Pardon, Kellian, de gâcher une si jolie couleur. Le brun et le bleu ne se mélangent pas. Le résultat sera toujours laid. C’est ma faute. Beatrix aussi, avant, elle voulait des yeux océan. Mais elle n’a jamais eu ce qu’elle voulait, et moi de même, d’ailleurs. Alors, oui, pardon pour cet étrange mélange. Tu veux bien de moi ? juste pour la fin de la journée ? juste pour une journée pluvieuse ? juste pour une nuit d’été ? juste pour mon corps et puis peut-être aussi mes mots un peu dures, pas vraiment doux ? J’effacerais tout, j’effacerais la solitude qui te hante, j’effacerais les cauchemars qui te rongent, j’effacerais ta vie et ton prénom, si tu en as envie. J’effacerais tout pour toi.

Alors, les lèvres de l’homme viennent se déposer contre mon cou. La chaleur humaine, qui écrase les perles de pluie sur mon moi trempé. Des baisers d’une étrange tendresse dans un monde violent. Et puis un baiser sur la bouche, un baiser qui alimente un le feu brûlant mes entrailles souillées. Sa main trop grande se pose derrière mon cou, mes mains trop petites viennent se poser derrière ses épaules, au creux de ses omoplates. Pour s’y lover, pour le serrer contre moi, pour prolonger une embrassade un peu magique, un peu jolie, un peu chaleureuse, un peu différent des autres dont j’ai l’habitude de recevoir. Finalement, le doux songe se brise en morceaux quand il s’éloigne doucement de moi, prononçant une phrase d’une voix calme. Noyer la mienne, de solitude. La noyer, cette pute de solitude. La faire couler avec des centaines de roches trop lourdes pour qu’elle remonte à la surface comme les corps le font normalement, lorsqu’ils se décomposent. Oui, je t’en pris, sois le meurtrier de ma solitude et moi, je serais la meurtrière de la tienne. Un peu Bonnie and Clyde, un peu Beatrix et Kellian. Il détache ma robe alourdie par l’eau de pluie et elle tombe, comme une suicidaire du haut d’une falaise. Presque nue devant lui. Mon cœur bat un peu trop vite, mon cœur se serre et j’ai l’impression d’étouffer, j’ai l’impression de signer mon arrêt de mort. C’est que ses doigts glissent contre mon bras, comme le souffle du vent lors des journées trop solitaires. C’est que son regard est toujours posé sur moi, comme si j’étais une œuvre d’art. C’est que son être est encore si près qu’il est incendiaire. « Que fait-on maintenant Beatrix ? »
Que fait-on ?
« Nous nous enflammons. » Mes lèvres à nouveau contre les siennes, pressées de le retrouver, mon corps trop près, mes mains dans ses cheveux, sur son visage, sur son torse et ses bras. Mes mains qui le mettent à nue. Pour ne faire qu’un dans cette pièce où tant d’autres sont passés avant nous.
Oui. Pour ne faire qu’un.

(~)

Nos corps nus l’un près de l’autre, le froid d’une nuit fraîche d’été, la pluie qui tambourine toujours à la fenêtre, et puis ma tête contre son torse à lui, près de son visage. Je brûle toujours même si nous nous sommes consumés depuis quelques temps, déjà. Il me fume comme une cigarette, mais je ne meurs jamais, moi. « Kellian ? » La voix un peu fatiguée, un peu timide, même. Je suis on ne peut moins assurée. Je n’ai jamais été plus qu’une heure ou deux avec des clients. Mais lui, il n’est pas un client. Lui, il est tout. Alors mon cerveau s’entremêle de trop de mots, de trop de pensées. « Tu en as vécu beaucoup, des vies, ici ? » J’ai envie de connaitre, j’ai envie de savoir. J’ai envie de te savoir, Kellian. J’ai envie de t’apprendre du bout des lèvres, du bout des doigts, et puis par cœur.

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i am constantly torn between killing myself and killing everyone around me.
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BELLIAN ☿ la pluie colle sur mes tempes, la foudre chante ta descente

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